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  • : [J'ai Soif De Bien Plus Que La Mort] ~ JuNe
  • : 02/04/2006
  • : Vie perso / Journal intime
  • : Ramassis de textes publiés - ou non - au gré de mes humeurs et des changements de pression atmosphérique. Sans grand intérêt. Ne pas avaler.
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Texte Libre 2

Egalement en cours de rédaction ><
Samedi 17 janvier 2009

Je suis venue trop tard dans un monde trop vieux :[

    Au quotidien, il est très difficile d'être la jumelle cachée de Bridget Jones.

Heure : soirée. Twix glacés : 5,8. Minutes passées sur Facebook : 240. Assiettes cassées en faisant la vaisselle : 2. Idées pour la dissert' de lettres : 0. Tentatives d'anorexie : 25. Livres lus : 3. Minutes de retard ce matin : 15 (t.b.). Envies de faire la fête : aucune. Cigarettes non-fumées : 18. Jours restants avant Indochine au Stade de France : 524. Réflexions stériles : 80. Motifs d'inquiétude : 4. Robes perdues : 2 (fait chier.) Sms de Manon : 38.  Posters suicidaires : 5. Entrechats-quatre réussis : 3 (t.t.bien). Nuits à rattraper : 31. Ecoutes de My Funny Valentine : au moins 40. Profs à éliminer : 1. Bons numéros au tiercé : 0. Envies de partir : 7. Buts de ma vie : 0.

Mars et Vénus, c'est comme le stress,
c'est comme Sarko : à la poubelle.

Par JuNe
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Dimanche 11 janvier 2009
Zibou... la chanson est pour toi !

  
    Il se pose souvent la question. Il ne rêve que de reconnaissance et d’éclat.

    Le garçon pense avoir trouvé le but de sa vie. Quand il sera grand, il ne sera pas pompier, ingénieur ou astronaute : il sera médecin. Il sauvera des vies, comme d’autres avant lui. Il aime l’idée d’avoir des existences suspendues au fil de son diagnostic, il veut pouvoir utiliser des seringues sans qu’on le blâme !

     On lui a dit que l’Afrique était une jeune fille malade à crever et que personne n’y pouvait rien. Qu’est-il arrivé à nos cousins d’ébène, pendant que nous fêtions dignement la fin de siècle ? Le garçon est plein d’espoir ; il sait qu’un jour, il pourra guérir la population. L’histoire a prouvé que même les pires épidémies pouvaient être enrayées si on y mettait les moyens. Or le garçon ne manque pas de courage dans son combat !  On lui a dit que là-bas, même l’eau – l’essence de la vie ! –  est empoisonnée. On lui a dit que dans certaines régions, parcourir quelques mètres dans un champ désert relève de l’exploit, à cause des mines antipersonnelles.
    On a insisté sur le fait que les dirigeants politiques n’ont strictement rien à foutre du peuple qui agonise ; le garçon est trop jeune pour le croire. Après tout, il ne veut que panser des plaies, pas changer le monde. Les plus mauvaises langues ont cité l’exemple de Robert Mugabe, président du Zimbabwe depuis plusieurs dizaines d’années. Mais le garçon ne connaît pas cette personne. S’il savait que ce salaud laisse sciemment les jeunes croupir et crever de faim dans l’ignorance, parce que des gens libres et instruits pourraient faire vaciller la dictature…

     La vocation du garçon est étonnamment altruiste. Maman et Papa ne l’ont pourtant pas éduqué à cela ; il existe donc des excentriques dans toutes les familles. Agir pour le bien de l’humanité alors qu’on peut vivre en bon égoïste bourgeois ? Pourquoi ne pas se préoccuper également de ces bons à rien de clochards, pendant qu’on y est ? Verser son salaire aux assistés qui se chauffent le cul aux frais de la princesse ?
    
Même si la pression sociale l’accable et fait tout pour le décourager, le garçon tient bon. Il y croit tellement qu’il ne peut qu’atteindre son objectif. Il devine bien que les RMIstes ne le sont pas de plein gré ; de même, il sait que tous les séropositifs se passeraient bien de leur « châtiment divin ». Le garçon refuse de vivre lorsque ses frères meurent à l’autre bout de la planète ; il est prêt à se battre !


     Cette histoire dégoulinante d’espoir pourrait avoir un dénouement heureux.
Une telle force de conviction force l’admiration… C’est une de ces raretés admirables qui pousse à croire en l’être humain. Mais la vie n’est pas un feuilleton américain. Le garçon échouera plusieurs fois aux examens d’admission en école de médecine. Malgré ses rêves, malgré sa force, il finira par pointer dans un bureau minable cinq fois par semaine. Le cirque ne durera pas longtemps. Il aura au moins la lucidité de se suicider quand il atteindra trois fois l’âge de raison ; la vie avec un rêve brisé en valait-elle encore la peine ??
Par JuNe
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Vendredi 2 janvier 2009

    Quelques-unes ont été contentes de me voir saigner sur ma feuille. Elles sont gentilles mais curieuses. « Tu me montreras June, tu me montreras ? »...

    Vos gueules ! Vous ne verrez rien. Vous ne savez pas ce que j’invente, car personne n’a  idée des mondes obscurs qui se crashent parfois sur le papier. Je les porte, je les mets au monde, puis je les fais disparaître. Sans exception. Ce sont des morceaux de moi que j’arrache dès qu’ils sont exprimés. Aurais-je peur qu’en lisant, vous découvriez ce que je suis vraiment ? C’est peut-être trop sincère, ce dont je parle. Trop d’hypocrisie jour après jour vous a peut-être bouché les facultés de compréhension. De toute façon, seriez-vous touchés par mon âme mise à nue ? J’en doute.

    On m’a déjà dit que détruire systématiquement tout ce que j’écris peut passer pour du sadisme. En fait, je dois être extrêmement perverse : aimant me faire souffrir, fière de n’arriver à rien conserver ! On est allé jusqu’à me cataloguer comme une mère immature qui avorte de tous ses textes, conçus dans la souffrance. Et il paraît c’est dommage. On m’a dit que j’étais douée (pas sûr), que je gâchais tout… Gâcher ? Mais bien sûr que je gâche, mes capacités, ma jeunesse, la vie des autres, tout ce que je peux… Ce putain de mot revient trop souvent et ça ne me plait pas.

    Trouverais-je un jour la personne qui saura m’empêcher de faire régulièrement le vide, qui pourra me freiner dans mes élans dévastateurs ? Peut-être même, celui ou celle qui verra en moi… Qui verra que je ne suis qu’une petite fille de cendres. Et qui ne m’en voudra pas. Un jour, j’ouvrirais ma carapace de rebelle désinvolte à quelqu’un qui ressuscitera ma sensibilité. Alors je n’aurais plus besoin de ma noirceur pour exister. Mais j’en doute.
Par JuNe
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